La croisée des Chemins : Demain est aujourd'hui

 

Constats, contexte

Chaque être est unique. Chaque être est porteur d’un destin individuel s’inscrivant dans un projet bien plus vaste dont nous ne percevons pas l’étendue. Chaque être possède en lui des trésors non estimés et inestimables. Les événements de la vie nous pétrissent, nous révèlent à nous-mêmes et au monde même si parfois les épreuves semblent être au-dessus de nos forces et hors de l’entendement. Nos corps témoignent de notre vie passée, de notre présent et présagent de l’avenir. Ils sont des paysages singuliers, paysages révélateurs d’un biotope unique et préservé ou de terres souffrantes, fragilisées, meurtries, délaissées…Nos corps racontent les chemins empruntés. 

Comme toute terre, nos corps sont habités. En nous vivent l’eau circulante, le vent des marées et la chaleur bienfaisante. En nous vivent des mondes de pensées, de sentiments, de volonté. Nos corps sont garants de cette humanité, sont les réceptacles de notre humanité. Mais nous oublions souvent notre corps, comme nous oublions la terre à laquelle nous appartenons. Et lorsque nous perdons contact avec notre corps, et lorsque nous perdons contact avec notre terre, nous perdons contact avec nous-même…

 Dans les villes, l’activité humaine assourdit le souffle du vent ou le chant des oiseaux. Les éclairages extérieurs voilent la voûte étoilée. Le milieu tiède et tempéré de nos habitats dissimule le contraste des saisons. Les centres commerciaux, les écrans à la réalité fictive, nous détournent de la nature environnante. Nous côtoyons un monde exclusivement humain, technologique et conceptuel, s’abreuvant de communication et d’informations exponentielles, souvent dénué d’enveloppe et de chaleur.

La nature autre qu’humaine nous effraie. Nous en avons peur car nous ne la connaissons plus. Elle nous est « étrangère ». Nous la rencontrons à travers les médias, les zoos, les jardins botaniques, au mieux des réserves naturelles « aménagées ».

Coupés des grands rythmes de la nature, du cycle des saisons, de la course du soleil et de la lune, nous ne savons plus nous relier au rythme de notre corps, à nos rythmes intérieurs. Nous nous sommes connectés, au fil du temps, à notre insu, au rythme fou et décousu d’une société génératrice de désirs. Nous n’entendons plus notre besoin de repos, de respiration, de contemplation ou encore notre goût pour une alimentation saine. Nous sommes des plantes qui grandissent hors sol.

Nous avons oublié la dimension sacrée de nos corps recueillant notre être intime.

Nous avons oublié notre appartenance ancestrale à la terre et notre intimité avec la nature.

Tous pourtant, nous avons pu sentir les bienfaits d’une promenade dans les bois, d’un après-midi sous un arbre ou dans un jardin. Au moins une fois dans notre vie, nous avons pu percevoir notre corps et notre cœur vibrant en écho avec la nature alentour : un paysage à perte de vue, une prairie sauvage, un vol d’oiseaux, le grondement de l’orage… La nature résonne en notre intérieur, nous rappelle nos origines. Mais nous n’écoutons pas l’appel de nos racines et nous continuons à considérer notre terre comme notre corps : un outil à notre service, un réservoir de ressources à disposition. 

Si nous percevons encore la nature, nous refusons de nous laisser aller à son contact, jugeant nos sensations de reliance irréelles ou contestables. Mais la plupart du temps, nous ne la percevons même plus, ni au-dehors, ni au-dedans.  

Nos actes témoignent de cette scission avec notre milieu naturel, de notre absence de relation avec le monde vivant et avec nos corps : nous épuisons les sols par l’agriculture intensive, nous troublons les eaux souterraines par nos déchets industriels, nous abattons les forêts anciennes en entraînant la disparition accélérée des animaux et des végétaux. Nous épuisons notre corps par une activité effrénée, nous lui offrons une alimentation addictive et dénaturée, nous lui imposons une forme qui n’est pas la sienne sans tenir compte de son essence particulière.

Notre destin est intimement lié à celui de la  nature… Écoutons les paroles du Chef Indien Seattle en 1854 s’adressant aux hommes blancs :  « Nous le savons : la terre n’appartient pas à l’homme, c’est l’homme qui appartient à la terre. Nous le savons : toutes choses sont liées comme par le sang qui unit une même famille. Toutes choses sont liées. Tout ce qui arrive à la terre arrive aux fils de la terre. L’homme n’a pas tissé la toile de la vie. Il n’est qu’un fil de tissu. Tout ce qu’il fait à la toile, il le fait à lui-même. […] »

La pollution environnementale générée par notre activité humaine et notre consommation immodérée rendent la terre malade et nous rendent malade : Sécheresse, cyclones, tempêtes, inondations, cancers, dysfonctionnements immunologiques, détresses psychologiques…

Ces tournants de la vie où la maladie survient sont des moments de grande vulnérabilité humaine. L’horloge du temps s’arrête. Nous n’arrivons plus à nous connecter au rythme trépidant de nos sociétés. Nous ne pouvons plus participer aux multiples sollicitations et appels vers l’extérieur. Nous nous sentons soudain « hors de la vie », étrangers du monde auquel nous appartenons.  Nous percevons le manque d’enveloppe et de chaleur de notre univers technologique, il met pourtant tout en œuvre pour éradiquer la maladie mais ne sait pas prendre en charge notre corps sentant et habité. Nous prenons conscience de notre terre, c’est-à-dire de notre corps souffrant.

Nous sommes terrorisés devant notre corps qui nous échappe comme nous le serions au sein d’une terre sauvage et inconnue ; une terre que nous n’avons pas pris le temps de rencontrer jusque-là.  

Nous comprenons la nécessité de nous écouter, de nous relier à notre nature essentielle. Mais détournés depuis trop longtemps de nos réels besoins nous sommes démunis.

Nous ressentons la nécessité d’être protégé, de contacter nos racines, notre jardin intérieur. Notre corps a besoin de reconnaissance et de soins. La terre-mère aux ressources infinies  peut nous accompagner.

Les substances issus de la nature soulagent les maux, adoucissent les peines. Elles réintroduisent le vivant dans le corps et réaniment les liens séculaires qui nous unissent à la terre, à notre terre.  Des hommes-soignants en intimité avec la nature, peuvent accueillir nos corps sentant et souffrant, nous aider à retrouver le chemin vers nous-même, à traverser l’épreuve, à réunir nos forces et à renouer avec nos fondements.

Au cœur d’un jardin protégé, nous pouvons retrouver la joie d’un enfant qui découvre le monde, sentir la brise effleurer notre corps affaibli, laisser voyager notre regard de fleur en fleur ou seulement fermer nos paupières fatiguées et recevoir sous l’ombrage d’un vieil arbre le chant d’un oiseau. Nous pouvons nous surprendre à écouter le murmure de la terre et le sentir résonner en nous. Notre âme s’apaise, nos plaies sont moins douloureuses… nous reprenons contact avec nous-même.

Nous ne vivons plus notre corps comme un chantier infesté mais comme une terre fragilisée dont nous devons prendre grand soin. Nous accueillons le nouveau rythme qui nous est imposé non plus comme une punition mais comme une opportunité pour initier des changements. 

Dans le jardin, nous pouvons apprendre à entrer en relation avec les plantes-soignantes, les rencontrer, les reconnaître, les récolter, les transformer, confectionner nous-même la substance dont nous avons besoin. Dans ce lieu privilégié, nous pouvons apprendre à rentrer en relation avec nous-même, méditer, échanger avec d’autres sur nos découvertes, nos souffrances, des moments de partage et d’écoute autour d’une grande table où nous rencontrons nos terres humaines, découvrons et honorons la nature du dehors et celle qui vit au-dedans de nous.

 

LA CROISÉE DES CHEMINS

Un lieu de soin et d’accompagnement où le jardin sauvage et de plantes médicinales croise le jardin intérieur de chacun.  

Un lieu-ressource et d’échange pour tous ceux qui en éprouvent le besoin. 

  • Un lieu de protection de notre nature humaine, un lieu d’accueil de notre corps sentant et souffrant.
  • Un lieu de soin et de communion avec la nature, un lieu de rencontre avec la nature soignante et généreuse de la terre.
  • Un lieu vivant où contacter nos ressources, nos racines, notre terre intérieure.

Un lieu de partage pour réapprendre à écouter la terre du dehors et notre terre du dedans.

 

Quoi, Comment :  Cinq pôles  

 Une Terre de soin :

Prise en charge individuelle. Soins dans un grand respect de l’être et de son corps, avec des médecines douces, naturelles.

Prise en charge globale : une approche centrée sur la personne et non sur sa maladie.

  • Soins de chaleur
  • kinésiologie 
  • Phytothérapie/aromathérapie
  • Acupuncture
  • Art thérapie
  • Sophrologie
  • psychothérapie
  • ostéopathie….

Travail de proximité, de lien avec les institutions et médecins traitants. Travail de collaboration entre les différents soignants/thérapeutes.      

     

 Une Terre de partage :

Un espace de vie, une pièce chaleureuse et de partage. Ouvert chaque jour.

Se sentir vivant, se relier à soi et aux autres dans des activités de partage.

  • Se retrouver avec d’autres et échanger.
  • Récolter ensemble et transformer les plantes qui soignent : Cueillettes, macérations, séchage… Confectionner sa propre substance de soin.
  • Ateliers individualisés soins de chaleur : pour les familles souhaitant accompagner leur proche malade.
  • Groupes de paroles. Etre écouté. Se dire.
  • Art thérapie, Sophrologie…
  • Méditation.
  • Lecture et partage autour de textes inspirants.
  • Cuisiner ensemble des plantes sauvages ou de bons, beaux fruits et légumes cultivés.
  • Qi Chong , Yoga, Pilate…

 

Le cœur du lieu : Une Terre Vivante, une Terre sacrée :

Un jardin sauvage, un jardin de plantes médicinales

Pour se relier au monde vivant et à soi-même.

  • Entrer en relation avec la nature, avec une plante soignante : s’arrêter, écouter, ressentir à l’intérieur de soi.
  • Se recueillir, se reposer, méditer.
  • Méditation de groupe au sein de la nature.
  • Cueillir, jardiner...

 

Une Terre d’Accueil :

Un lieu d’accueil, une ou deux chambres.  

Accueillir ponctuellement pour quelques jours un ou deux patients mais aussi les aidants ressentant le besoin de se ressourcer dans un milieu apaisé, au cœur de la nature.

  • Se retrouver, se ressourcer.
  • Se sentir enveloppé, protégé.
  • Se recueillir, méditer
  • Etre écouté.
  • Recevoir des soins, partager des moments de groupe.

 

Une Terre de Transmission :

Un lieu d’enseignement.

Apprendre à nous relier à nos racines, au monde vivant, à nous relier à nous-même, à nous soigner.

  • Observer les plantes : atelier d’observation dans la nature.
  • Rencontrer les plantes médicinales.
  • Utiliser les Huiles essentielles en médecine familiale.
  • Aromathérapie et gestes qui soignent.
  • Les enveloppements à base de plantes.
  • Apprendre à méditer ….

 

Pour qui

Patients et Aidants.

« A la Croisée des chemins » est une association qui a pour vocation de dispenser des « soins éthiques et solidaires » permettant l’accès aux soins de chaleur mais aussi à d’autres soins de mieux-être à tous, quelques soient les revenus. Elle accueille des patients de tous horizons, de toute condition sociale,  de tout âge, traversant des étapes ou des épreuves de vie, en bonne santé ou souffrant de maladie, de handicap, en fin de vie…

  

Pour quoi

  • Améliorer sa qualité de vie: bien-être, sommeil, autonomie, baisse de l'anxiété… 
  • Se réapproprier son corps et son être : avoir une meilleure image corporelle et estime de soi.
  • Rompre l'isolement: faciliter le lien social, familial et avec la nature.
  • Diminuer les risques de récidive des maladies, diminuer les effets secondaires des traitements …